Sursis en Belgique, simple ou probatoire, sous le nouveau Code pénal

Vous savez que le tribunal va prononcer une peine, et vous voulez qu'elle ne soit pas exécutée. C'est la fonction du sursis. Le nouveau Code pénal l'a repris dans son article 65, en remplacement de la loi de 1964 sur la suspension, le sursis et la probation, désormais abrogée. Le sursis reste possible pour une peine qui ne dépasse pas le niveau 3, avec un délai d'épreuve de un à cinq ans, simple ou assorti de conditions. Cette page explique qui peut l'obtenir, ce qui distingue le sursis simple du sursis probatoire, quand il est révoqué et ce qu'il laisse au casier. Au cabinet, nous le plaidons dans la plupart des dossiers correctionnels et de roulage à Charleroi et à Nivelles.

Qu'est-ce que le sursis et qui peut l'obtenir ?

Le tribunal prononce la peine, puis ordonne qu'il sera sursis à son exécution, en tout ou en partie. La condamnation existe, elle est inscrite au casier, mais la peine n'est pas exécutée tant que le délai d'épreuve se déroule sans incident. Un sursis partiel est fréquent, par exemple un emprisonnement dont une partie est ferme et le reste assorti du sursis.

La condition que le texte pose tient au niveau de la peine. Le sursis est ouvert quand le juge condamne à une peine ne dépassant pas le niveau 3, c'est-à-dire un emprisonnement de cinq ans au plus. Il peut porter sur les peines principales comme sur les peines accessoires. Il est en revanche exclu pour la confiscation, la surveillance électronique, la peine de travail et la probation, pour le traitement sous privation de liberté et le suivi prolongé, qui ne s'appliqueront pas avant 2035, et pour toute peine subsidiaire. Ces peines s'exécutent ou se remplacent, elles ne se suspendent pas. Le délai d'épreuve, de un à cinq ans, court du jour où le jugement est passé en force de chose jugée.

Sursis simple ou sursis probatoire, quelle différence ?

CritèreSursis simpleSursis probatoire
Ce qui vous est demandéNe pas être condamné à un emprisonnement ferme pour une nouvelle infraction commise pendant le délai d'épreuveRespecter les conditions générales et les conditions particulières fixées par le jugement
Conditions généralesAucuneNe pas commettre d'infraction, avoir une adresse fixe et signaler tout changement, donner suite aux convocations
Conditions particulièresAucunePar exemple une formation, un stage professionnel ou un traitement ambulatoire, selon les faits et votre situation
Votre engagementPas requisRequis, vous vous engagez à respecter les conditions
SuiviAucunMaison de justice et commission de probation

Pour le sursis probatoire, le suivi est assuré par la maison de justice, service des communautés, par l'intermédiaire d'un assistant de justice. Pendant la période transitoire ouverte par la loi du 30 mars 2026, jusqu'au 30 juin 2029 au plus tard, l'exécution est contrôlée par la commission de probation du tribunal de première instance, à laquelle l'assistant fait rapport dans le mois puis au moins tous les six mois. La commission peut suspendre, préciser ou adapter les conditions, et ses décisions peuvent être contestées devant le tribunal de première instance dans les dix jours. Un sursis probatoire bien préparé se propose au tribunal avec des conditions déjà engagées, une inscription à une formation, un premier rendez-vous chez un thérapeute, et c'est ainsi que nous le présentons à l'audience.

Sursis en Belgique, simple ou probatoire, sous le nouveau Code pénal

Quand le sursis est-il révoqué ?

La révocation est obligatoire quand une décision définitive constate qu'une nouvelle infraction commise pendant le délai d'épreuve a entraîné un emprisonnement ferme de plus de dix-huit mois. Elle est facultative quand cette peine ferme ne dépasse pas dix-huit mois, et, pour le sursis probatoire, en cas d'inobservation grave des conditions générales ou particulières. Dans ce dernier cas, la demande doit être introduite au plus tard dans l'année qui suit la fin du délai d'épreuve.

Pendant la période transitoire, c'est le ministère public qui cite l'intéressé aux fins de révocation devant le tribunal de première instance de sa résidence, ou, lorsque c'est lui qui a prononcé le sursis, devant le tribunal de police, sur rapport de la commission de probation quand le motif tient aux conditions. Le tribunal peut refuser la révocation et assortir le sursis probatoire de nouvelles conditions. En cas d'inobservation grave, le ministère public peut même faire écrouer le condamné, le tribunal devant alors statuer dans les dix jours. Si le sursis est révoqué, la peine initiale s'exécute et se cumule sans limite avec celle prononcée pour la nouvelle infraction. C'est ce cumul qui rend une audience de révocation aussi importante que le procès d'origine.

Le sursis efface-t-il la condamnation du casier ?

Non. Une condamnation avec sursis est une condamnation, elle est enregistrée au casier judiciaire central et figure sur l'extrait, et la révocation éventuelle y est enregistrée aussi. Un emprisonnement de six mois ou une amende ne dépassant pas 4 000 euros disparaissent de l'extrait délivré aux particuliers trois ans après la décision définitive, sauf déchéance ou interdiction de plus de trois ans, et au-delà il faut une réhabilitation. Si l'objectif est un extrait de casier vierge, c'est la suspension du prononcé qu'il faut plaider, pas le sursis.

Sursis et récidive

Le sursis dépend du niveau de la peine, et la récidive peut faire monter ce niveau. Une condamnation devenue définitive moins de cinq ans avant les nouveaux faits permet au tribunal d'aggraver la peine d'un niveau. Si le tribunal prononce alors une peine de niveau 4, le sursis devient impossible. À l'inverse, les circonstances atténuantes font descendre de niveau et peuvent le rouvrir. Les deux questions se plaident donc ensemble, et c'est souvent sur elles que se décide la différence entre une peine ferme et une peine avec sursis. Si vous êtes convoqué, parlez-en avant l'audience, le niveau se discute avant la peine.

Qu'est-ce qu'une condamnation avec sursis ? Info
Le tribunal prononce la peine mais suspend son exécution, en tout ou en partie, pendant un délai d'épreuve de un à cinq ans. Si aucune nouvelle infraction grave n'est commise pendant ce délai et que les éventuelles conditions sont respectées, la peine n'est jamais exécutée. La condamnation existe bel et bien et figure au casier judiciaire.
Pour quelles peines le sursis est-il possible ? Info
Pour une peine qui ne dépasse pas le niveau 3, donc un emprisonnement de cinq ans au plus. Le sursis peut porter sur les peines principales ou accessoires, mais jamais sur la confiscation, la surveillance électronique, la peine de travail, la probation, le traitement sous privation de liberté, le suivi prolongé ni une peine subsidiaire.
Quelle différence entre sursis simple et sursis probatoire ? Info
Le sursis simple n'impose que de ne pas être condamné à un emprisonnement ferme pour une nouvelle infraction commise pendant le délai d'épreuve. Le sursis probatoire y ajoute des conditions, générales et particulières, comme une formation, un stage ou un traitement, dont le respect est suivi par la maison de justice et contrôlé par la commission de probation. Il suppose votre engagement de respecter ces conditions.
Quand le sursis est-il révoqué ? Info
Obligatoirement si une nouvelle infraction commise pendant le délai d'épreuve est punie d'un emprisonnement ferme de plus de dix-huit mois. Facultativement si cette peine ferme ne dépasse pas dix-huit mois, ou, pour le sursis probatoire, en cas d'inobservation grave des conditions. En cas de révocation, la peine initiale s'exécute en plus de la nouvelle, sans limite de cumul.
Faut-il un avocat pour obtenir un sursis ? Info
Le sursis se plaide sur le niveau de la peine, qui doit rester au niveau 3 au plus, et sur votre situation. Un sursis probatoire se prépare avec des conditions concrètes que le tribunal n'a plus qu'à reprendre. Maître Turk plaide ces dossiers devant les tribunaux de Charleroi et de Nivelles et vous assiste en cas de demande de révocation.

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Maître Mevlut TURK

Maître Mevlut TURK

Avocat au Barreau de Charleroi

Droit pénal, roulage et dommages corporels.

Bureau de Charleroi 0479 33 43 03 - 071 18 23 99
Bureau de Nivelles 067 70 81 02

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