Une condamnation pénale ne se termine pas toujours avec l'exécution de la peine. L'inscription de cette condamnation au casier judiciaire central (CJC) peut suivre une personne pendant des décennies, agissant comme un véritable boulet social et professionnel. Cette "trace" peut constituer un obstacle majeur à l'embauche, à l'obtention d'un logement, ou même à la possibilité de voyager dans certains pays. C'est une sanction indirecte qui prolonge la peine bien au-delà de ce que le juge avait décidé.
Face à cette situation, la loi belge a heureusement prévu un "droit à l'oubli". Il ne s'agit pas d'effacer le passé, mais de permettre à une personne qui a payé sa dette à la société de retrouver une seconde chance. Pour ce faire, deux mécanismes coexistent : l'effacement automatique (limité) et la réhabilitation pénale (judiciaire). Ces deux procédures sont souvent confondues, alors qu'elles n'ont ni la même portée ni les mêmes effets.
Comprendre quelle procédure s'applique à votre situation, quels délais respecter et quelles conditions remplir est un exercice juridique complexe. L'assistance d'un avocat est indispensable pour naviguer dans ces démarches administratives et judiciaires. Maître Mevlut Turk, avocat à Charleroi, accompagne ses clients dans leur demande de réhabilitation, en s'assurant que leur dossier est complet et en défendant leur droit à un nouveau départ.
Pour comprendre l'effacement, il faut d'abord savoir de quoi on parle. Le "casier judiciaire" est un terme générique. En réalité, il y a d'une part le Casier Judiciaire Central (CJC), tenu à Bruxelles, qui est une base de données exhaustive conservant l'historique de toutes les condamnations. D'autre part, il y a les "extraits de casier judiciaire" que vous demandez à votre commune.
Le plus courant est le Modèle 1 (article 595), anciennement "certificat de bonne vie et mœurs". C'est celui que l'on demande pour la plupart des emplois. Ce modèle est "filtré" : il ne mentionne pas les peines les plus légères (peines de police) ni certaines peines correctionnelles (typiquement un sursis simple) après un délai de 3 ans. C'est ce qu'on appelle "l'effacement automatique".
Mais il existe aussi le Modèle 2 (article 596.2), requis pour des professions spécifiques (sécurité, enseignement, contact avec des mineurs...). Ce modèle est beaucoup plus complet et mentionne des condamnations qui n'apparaissent plus sur le Modèle 1. L'effacement automatique est donc souvent insuffisant pour les personnes visant ces professions, car la condamnation reste visible sur le Modèle 2. Seule la réhabilitation peut l'effacer.
L'effacement est une procédure administrative, automatique, qui ne nécessite aucune démarche de votre part. La loi prévoit que les condamnations à des peines de police sont effacées après un délai de 3 ans à compter de la décision judiciaire définitive (article 619 du Code d'instruction criminelle). Cet effacement produit les mêmes effets que la réhabilitation (article 620).
Quelles sont les peines concernées ? Il s'agit des peines de police (amendes de 1 à 25 euros avant décimes, emprisonnement de 1 à 7 jours). L'effacement ne s'applique toutefois pas si la condamnation comporte une déchéance ou une interdiction dont les effets dépassent trois ans. Attention : contrairement à une idée répandue, les peines correctionnelles (même légères) et les peines de travail ne bénéficient pas de l'effacement automatique. Elles nécessitent une procédure de réhabilitation.
C'est une avancée importante, mais, comme expliqué, elle est limitée. L'effacement des peines de police produit les effets de la réhabilitation : la condamnation est effectivement retirée du casier judiciaire. Pour les peines correctionnelles, même légères, qui ne bénéficient pas de l'effacement automatique, seule la réhabilitation judiciaire permettra de les faire disparaître du casier, qui est de plus en plus demandé par les employeurs dans des secteurs sensibles. Pour un effacement complet et définitif, il faut se tourner vers la réhabilitation.
La réhabilitation pénale est une procédure judiciaire. Elle n'est jamais automatique. C'est vous, par l'intermédiaire de votre avocat, qui devez la demander formellement au tribunal. L'effet de la réhabilitation est bien plus puissant que l'effacement : si elle est accordée, la condamnation est retirée du Casier Judiciaire Central.
Concrètement, la condamnation disparaît de tous les extraits, y compris le Modèle 2. Vous êtes légalement considéré comme n'ayant jamais été condamné pour ces faits. C'est une véritable "seconde chance" qui vous restitue votre statut d'avant la condamnation. Vous pouvez à nouveau postuler à n'importe quel emploi sans craindre que votre passé ne resurgisse.
Cette procédure est la seule voie possible pour les condamnations plus lourdes (peines de prison ferme de plus de 6 mois, peines multiples, peines de plus de 5 ans...). Elle est aussi la seule solution pour ceux qui, même condamnés à une peine légère, ont besoin d'un Modèle 2 vierge pour leur avenir professionnel. La réhabilitation efface la condamnation, elle ne la cache pas seulement.
Obtenir la réhabilitation n'est pas un droit. C'est une faveur que le tribunal accorde si vous remplissez des conditions très strictes. La première est d'avoir exécuté l'intégralité de vos peines : la peine de prison doit être purgée, les amendes et frais de justice doivent être payés, et les victimes doivent avoir été indemnisées. C'est un point non négociable.
Ensuite, il faut respecter un "délai d'épreuve". C'est une période qui commence *après* la fin de votre peine (ou votre libération). Pendant ce délai, vous ne devez commettre aucune nouvelle infraction et avoir une conduite irréprochable. Ce délai d'épreuve est de 3 ans minimum pour les peines de police ou les peines correctionnelles n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement (article 626, §1er du Code d'instruction criminelle). Il est porté à 5 ans minimum pour les peines criminelles ou les peines correctionnelles excédant 5 ans d'emprisonnement. En cas de récidive légale, ces délais sont respectivement portés à 6 ans et 10 ans minimum.
Enfin, vous devez prouver votre "amendement". Le tribunal va vérifier que vous êtes bien réinséré. Il faut avoir une résidence fixe en Belgique (ou y avoir résidé un certain temps) et avoir des moyens de subsistance stables (un travail, des revenus légaux...). Le tribunal mène une enquête pour vérifier votre bonne conduite et votre stabilité.
La procédure commence par le dépôt d'une "requête en réhabilitation" auprès du Procureur du Roi de l'arrondissement. Cette requête doit être rédigée avec précision, lister toutes les condamnations pour lesquelles la réhabilitation est demandée, et être accompagnée des preuves de paiement des amendes et d'indemnisation des victimes.
Une fois la requête déposée, le Parquet ouvre une enquête. Il va demander un rapport de mœurs et d'antécédents aux services de police de votre lieu de résidence. Des agents viendront vérifier votre adresse, parfois interroger le voisinage, pour confirmer votre bonne conduite et votre stabilité. Le Parquet vérifie aussi si toutes les victimes ont bien été indemnisées.
Une fois l'enquête terminée, le dossier est transmis à la Chambre des Mises en Accusation (une section de la Cour d'appel). Une audience est fixée. Votre présence, assisté de votre avocat, est requise. L'avocat plaide le dossier, démontrant que toutes les conditions légales (délais, paiements, amendement) sont remplies. La Cour rend alors un "arrêt" qui accorde ou refuse la réhabilitation. Si elle est accordée, l'ordre est donné au Casier Judiciaire Central d'effacer les condamnations.
Défense pour trafic ou détention de stupéfiants
Avocat pour coups et blessures volontaires à Charleroi
Défense pour vol, recel ou extorsion
Accusé de violences conjugales : procédure et défense
Escroquerie et abus de confiance : stratégie de défense pénale
Harcèlement ou menaces : que faire et comment se défendre
Défense des mineurs devant la justice à Charleroi
Défense pénale et infractions liées aux nouvelles technologies
Convoqué par la police ? Vos droits lors d'une audition (Loi Salduz)
Garde à vue en Belgique : durée, droits et rôle de l'avocat
Qu'est-ce qu'un mandat d'arrêt et comment le contester
Détention préventive : conditions, durée et demande de libération
Comment se déroule une comparution en Chambre du Conseil
Comment obtenir un bracelet électronique (surveillance électronique)
Peine de travail et sursis probatoire : les alternatives à la prison
Le Tribunal d'Application des Peines (TAP) rôle et procédures
Guide : Comment se constituer partie civile pour être indemnisé
Maître Mevlut TURK
BE 1011.971.405
Ouvert du lundi au vendredi de
8h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h30
Samedi de 10h00 à 12h30
Interventions dans les arrondissements de :
Charleroi, Namur, Brabant wallon et Flandre
Politique de confidentialité - Gèrer vos cookies
Ce site utilise des cookies pour optimiser votre expérience.