Nouveau Code pénal belge, les 8 niveaux de peine expliqués

Si votre dossier est jugé après le 1er septembre 2026, il l'est sous un Code pénal entièrement réécrit, sous réserve, pour des faits antérieurs, de la loi la plus favorable. Les mots crime, délit et contravention ont disparu des jugements, remplacés par une échelle de huit niveaux de peine. La prison devient le dernier recours, la peine de travail, la probation et le bracelet électronique prennent place dans l'échelle des peines, et le juge peut descendre sous le minimum d'une amende. Cette page reprend ce qui change réellement pour une personne poursuivie en droit pénal, et ce qui ne change pas malgré ce que l'on lit parfois. Au cabinet, nous appliquons ces règles depuis leur entrée en vigueur devant les tribunaux de Charleroi et de Nivelles.

Ce qui a changé le 1er septembre 2026

Le nouveau Code repose sur deux lois du 29 février 2024, l'une pour le livre Ier, qui fixe les règles générales, l'autre pour le livre II, qui définit les infractions. Leur entrée en vigueur, d'abord annoncée pour le 8 avril 2026, a été reportée au 1er septembre 2026. Depuis cette date, l'ancien Code de 1867, abrogé par la loi du 3 mars 2026 de mise en concordance, ne s'applique plus aux faits nouveaux, sous réserve de la loi la plus favorable pour les faits antérieurs.

Le changement le plus visible est la fin de la distinction entre crime, délit et contravention. Chaque infraction est rattachée à un niveau, et c'est ce niveau qui détermine la peine encourue. Deux mesures prévues par le Code restent en attente, le traitement sous privation de liberté et le suivi prolongé, qui n'entreront en vigueur qu'au 1er janvier 2035 sauf décision anticipée du Roi. Vous ne les rencontrerez donc pas dans un jugement avant longtemps.

Les huit niveaux de peine

L'article 36 du Code fixe, pour chaque niveau, la peine principale qu'une personne physique peut encourir. Plus le niveau est élevé, plus la peine est lourde.

NiveauPeine principale
1Amende de 200 à 20 000 euros, ou peine de travail de 20 à 120 heures, ou probation de 6 à 12 mois, ou confiscation, ou peine pécuniaire liée au profit, ou déclaration de culpabilité
2Emprisonnement de 6 mois à 3 ans, ou surveillance électronique de 1 mois à 1 an, ou peine de travail de plus de 120 à 300 heures, ou probation de plus de 12 mois à 2 ans, ou déclaration de culpabilité
3Emprisonnement de plus de 3 à 5 ans
4Emprisonnement de plus de 5 à 10 ans
5Emprisonnement de plus de 10 à 15 ans
6Emprisonnement de plus de 15 à 20 ans
7Emprisonnement de plus de 20 à 30 ans
8Emprisonnement à perpétuité

Aux niveaux 1 et 2, les peines sont alternatives. Le juge en choisit une, il ne les cumule pas, sauf les exceptions prévues par le Code, comme la confiscation ou le concours d'infractions au niveau 1. Il n'existe plus de peine principale de prison inférieure à six mois, et aucune prison comme peine principale au niveau 1, seul un emprisonnement subsidiaire d'un à six mois pouvant y garantir une peine de travail ou une probation. Pour une personne morale, chaque niveau comporte une amende, de 200 à 20 000 euros au niveau 1 jusqu'à 5 760 000 euros au niveau 8, à majorer de 2,5 décimes.

Nouveau Code pénal belge, les 8 niveaux de peine expliqués

La prison devient l'ultime recours

L'article 27 du Code impose au juge quatre objectifs, exprimer la désapprobation de la société, favoriser la réparation, permettre la réinsertion et protéger la société. Il ajoute une règle que la défense peut invoquer directement. La peine d'emprisonnement ne peut être prononcée que lorsque les objectifs de la peine ne peuvent pas être atteints par une des autres peines ou mesures prévues par la loi. Au niveau 2, le juge qui choisit malgré tout la prison doit indiquer dans son jugement pourquoi aucune des autres peines de ce niveau ne suffisait. Devant le tribunal correctionnel de Charleroi, c'est un argument que nous opposons désormais à chaque réquisition de prison ferme à ce niveau.

Ces trois peines sont inscrites dans le Code comme des peines principales, avec leurs propres durées. La peine de travail et la probation existent aux niveaux 1 et 2, la surveillance électronique par bracelet au niveau 2 seulement. Toutes trois supposent votre accord, donné en personne ou par votre avocat.

Circonstances atténuantes, comment descendre de niveau ?

Le mécanisme des circonstances atténuantes est désormais simple. Quand le juge les admet, il remplace le niveau prévu par la loi par un niveau inférieur. Une infraction de niveau 3 peut ainsi être jugée au niveau 2 ou 1, et une infraction de niveau 8 peut descendre jusqu'au niveau 3. Au niveau 1, quand la loi prévoit une peine accessoire pour l'infraction, celle-ci peut même remplacer la peine principale.

À l'audience, tout se joue donc sur ce que le tribunal retient de votre parcours, de votre situation et des faits eux-mêmes. Un dossier préparé, avec des pièces sur l'emploi, la famille ou les démarches de réparation, pèse directement sur le niveau retenu. C'est le travail que nous faisons en amont de chaque audience, réunir ces pièces et les présenter dans l'ordre où le tribunal les attend.

Que devient l'amende ?

Les montants sont écrits en euros, le multiplicateur de 8 qui s'appliquait depuis 2017 étant intégré dans les textes, mais les décimes additionnels n'ont pas disparu. La loi du 16 mars 2026 les fixe à 2,5, soit une majoration de 25 %, qui maintient le multiplicateur de 10 en vigueur depuis février 2026. Une amende pénale de niveau 1 va de 200 à 20 000 euros dans le Code, soit 250 à 25 000 euros décimes compris, et l'amende accessoire, possible aux niveaux 2 à 8 quelle que soit la peine principale, va de 200 à 5 000 euros au niveau 2 jusqu'à 200 à 35 000 euros au niveau 8, à majorer de la même façon. Deux règles comptent pour le prévenu. Le juge peut prononcer une amende inférieure au minimum légal si vous apportez la preuve d'une situation financière précaire, et il peut décider d'un paiement fractionné.

Sursis, suspension et récidive sous le nouveau Code

Le sursis reste possible pour une peine qui ne dépasse pas le niveau 3, avec un délai d'épreuve de un à cinq ans, simple ou assorti de conditions. La suspension du prononcé, qui évite la condamnation elle-même, est ouverte aux niveaux 1 à 6 avec votre accord. La récidive devient générale, aux niveaux 1 à 6, une condamnation antérieure pour des faits sans rapport peut faire monter la peine d'un niveau si les nouveaux faits sont commis moins de cinq ans après qu'elle est devenue définitive, délai prolongé de la durée de prison exécutée, mais cette aggravation reste facultative pour le juge. Le régime aggravé prévu pour les infractions les plus graves, annulé par la Cour constitutionnelle en janvier 2026, a été réintroduit par la loi du 16 mars 2026 et s'applique depuis le 1er septembre 2026.

Vos faits sont antérieurs au 1er septembre 2026, quelle loi s'applique ?

Beaucoup de dossiers jugés cet automne et en 2027 portent sur des faits commis avant la réforme. L'article 2 du nouveau Code reprend le principe classique. Quand la loi pénale change après l'infraction, les dispositions les plus favorables au prévenu s'appliquent. Il faut donc comparer, infraction par infraction, l'ancienne peine et le nouveau niveau. Pour les amendes, les faits antérieurs au 1er septembre 2026 restent soumis aux décimes en vigueur au moment des faits, 70 avant le 1er février 2026 et 90 ensuite, ce qui donne le même résultat qu'aujourd'hui pour les faits commis depuis février 2026 et un montant inférieur de 20 % pour les faits antérieurs. C'est l'article 2 qui l'impose pour le roulage, les stupéfiants et les armes, réécrits en niveaux, et l'article 78 qui le prévoit expressément pour les lois particulières non réécrites. Pour la prison, la nouvelle échelle est souvent plus favorable, parce qu'elle exclut les courtes peines principales de prison et impose la motivation du recours à l'enfermement. Cette comparaison, nous la faisons dossier par dossier, et elle change parfois le niveau plaidé.

Ce qui ne change pas

La réforme ne touche pas à tout. Les montants des amendes de roulage restent identiques décimes compris, la loi du 25 mai 2026 les a réécrits en niveaux avec le multiplicateur de 8 intégré. La compétence du tribunal de police en matière de roulage n'est pas modifiée. Les seuils d'alcoolémie et la perception immédiate ne dépendent pas du Code pénal. Enfin, la prescription des peines suit désormais le niveau, cinq ans pour les niveaux 1 à 3, dix ans pour les niveaux 4 à 6, vingt ans pour les niveaux 7 et 8.

Le nouveau Code donne au tribunal plus de latitude qu'avant, et cette latitude se gagne à l'audience, pièces en main. Si vous êtes convoqué pour des faits jugés sous ce régime, parlez-en avant l'audience.

Depuis quand le nouveau Code pénal belge est-il en vigueur ? Info
Depuis le 1er septembre 2026. Les deux lois du 29 février 2024 qui introduisent le livre Ier et le livre II du Code pénal devaient d'abord s'appliquer le 8 avril 2026, la date a été reportée. Deux dispositions restent en attente, le traitement sous privation de liberté et le suivi prolongé, qui n'entreront en vigueur qu'au 1er janvier 2035 sauf arrêté royal anticipant.
Que deviennent les crimes, délits et contraventions ? Info
Ces trois catégories disparaissent. Chaque infraction est désormais rattachée à un niveau de peine, de 1 à 8. Quand une loi particulière parle encore de crime sans préciser la peine, il faut lire une infraction de niveau 4 à 8, et quand elle parle de délit, une infraction de niveau 1 à 3. La correctionnalisation, qui servait à renvoyer un crime devant le tribunal correctionnel, n'a plus de raison d'être.
Une peine de prison est-elle encore possible pour une infraction de niveau 1 ? Info
Non. Au niveau 1, le juge choisit entre une amende de 200 à 20 000 euros, soit 250 à 25 000 euros décimes compris, une peine de travail de 20 à 120 heures, une probation de 6 à 12 mois, une confiscation, une peine pécuniaire liée au profit ou une simple déclaration de culpabilité. La prison n'apparaît qu'à partir du niveau 2, à partir de six mois, et, au niveau 2, le juge qui la choisit doit expliquer pourquoi aucune autre peine de ce niveau ne suffisait.
Mes faits datent d'avant le 1er septembre 2026, quel Code s'applique ? Info
Le principe est celui de la loi la plus favorable. Quand la loi pénale change entre les faits et le jugement, le prévenu bénéficie des dispositions les plus douces. Il faut donc comparer, pour chaque dossier, l'ancien et le nouveau régime. Pour les amendes prévues par les lois particulières, comme le roulage, les faits antérieurs au 1er septembre 2026 restent soumis aux décimes additionnels en vigueur au moment des faits, soit un multiplicateur de 8 avant le 1er février 2026 et de 10 ensuite, le même résultat que sous le nouveau Code, où 2,5 décimes s'ajoutent aux montants écrits en euros.
Faut-il un avocat pour un dossier jugé sous le nouveau Code pénal ? Info
Le nouveau Code multiplie les points où la défense pèse sur la peine. La descente d'un ou plusieurs niveaux par les circonstances atténuantes, l'obligation pour le juge de motiver le choix de la prison au niveau 2, l'amende réduite sous le minimum sur preuve de précarité ou le consentement à une peine de travail ou de probation ne s'obtiennent pas seuls. Maître Turk plaide ces dossiers devant les tribunaux de Charleroi et de Nivelles.

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Maître Mevlut TURK

Maître Mevlut TURK

Avocat au Barreau de Charleroi

Droit pénal, roulage et dommages corporels.

Bureau de Charleroi 0479 33 43 03 - 071 18 23 99
Bureau de Nivelles 067 70 81 02

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