La conduite sous l’influence de l’alcool demeure l’une des principales causes d’accidents mortels en Belgique. En dépit des campagnes de sensibilisation et des contrôles accrus, de nombreux automobilistes se retrouvent chaque année au tribunal de police pour une imprégnation alcoolique ou un état d’ivresse. Cette page vous explique les différents seuils d’alcoolémie, les sanctions prévues par la loi et les recours possibles en cas de contrôle.
Les forces de l’ordre disposent de plusieurs outils pour évaluer votre consommation d’alcool : l’éthylotest (ou test d’haleine) et l’analyse sanguine. Le résultat s’exprime en grammes d’alcool par litre de sang (g/l) ou en milligrammes par litre d’air alvéolaire expiré (mg/l AAE). Ces deux unités sont liées : 0,5 g/l équivaut à environ 0,22 mg/l AAE, et 0,8 g/l équivaut à 0,35 mg/l AAE. Le législateur a fixé des limites différentes selon la catégorie de conducteur :
Conducteurs particuliers : la limite légale est fixée à 0,5 g/l (0,22 mg/l AAE). Au‑delà, l’infraction d’« imprégnation alcoolique » est constituée.
Conducteurs professionnels (chauffeurs de bus, poids lourds, taxis…) : la limite est plus basse, soit 0,2 g/l (0,09 mg/l AAE). Ce seuil reflète la responsabilité accrue de ces professions.
Il est également important de distinguer l’imprégnation alcoolique de l’état d’ivresse. La première est objective et basée sur la mesure du taux d’alcool. L’état d’ivresse, en revanche, est une notion subjective appréciée par les agents : il peut être retenu même si le taux est inférieur au seuil légal dès lors que le conducteur présente des signes manifestes de désorientation (parole pâteuse, démarche instable, etc.).
Les sanctions varient en fonction du taux mesuré lors du contrôle. Le tableau ci‑dessous résume les conséquences possibles :
Taux (mg/l AAE) | Nature de l’infraction | Sanction immédiate | Sanction judiciaire potentielle | Déchéance du permis |
---|---|---|---|---|
0,22 à 0,34 | Imprégnation alcoolique légère | Perception immédiate de 179 € et interdiction de conduire 3 h | Poursuites possibles ; amende de 160 € à 400 € | Aucune déchéance obligatoire |
0,35 à 0,43 | Infraction sérieuse | Perception immédiate de 420 € et interdiction de conduire 6 h | Amende de 1 600 € à 16 000 € en cas de citation | Déchéance de 8 jours à 5 ans possible |
≥ 0,44 | Infraction grave | Pas de transaction immédiate | Amende de 1 600 € à 16 000 € ; condamnation obligatoire | Déchéance de 8 jours à 5 ans, parfois avec alcolock |
Lorsque le taux dépasse 0,35 mg/l AAE, le conducteur est systématiquement cité devant le tribunal. La fourchette de l’amende judiciaire est large car le juge tient compte des circonstances et du passé du prévenu. En cas de récidive dans les trois ans, les amendes sont doublées et la déchéance du permis est minimale de trois mois. Le juge peut également ordonner l’installation d’un éthylotest antidémarrage (alcolock) dans le véhicule pour une durée déterminée, surtout en présence d’un taux supérieur à 0,78 mg/l.
Lors d’un contrôle d’alcoolémie, vous devez coopérer, car le refus de se soumettre à un test est une infraction en soi, punie aussi sévèrement que la conduite en état d’ivresse. Toutefois, vous conservez des droits importants :
Droit à un second test : si vous contestez le résultat du premier souffleur, vous pouvez demander un second test d’haleine. Si le second test confirme la mesure, il fait foi. Vous pouvez également solliciter une prise de sang, à vos frais, pour contester la précision de l’appareil.
Droit à l’information : les agents doivent vous expliquer la procédure et consigner vos observations. Ils doivent également indiquer la méthode de conversion entre le taux d’air expiré et la concentration sanguine.
Depuis 2018, l’obligation d’attendre 15 minutes avant le test a été supprimée. Les résultats sont donc immédiats. Toutefois, vous pouvez toujours demander à souffler une seconde fois, ce qui peut jouer en votre faveur si le premier test a été mal effectué.
La loi belge est particulièrement sévère envers les conducteurs récidivistes. Une deuxième condamnation dans les trois ans entraîne un doublement des amendes et une déchéance minimale de trois mois. Si le taux d’alcool relevé est très élevé, le juge doit imposer un alcolock pour une durée d’un à trois ans. L’installation et l’entretien de ce dispositif sont à la charge du condamné. En cas de non-respect de cette obligation, le véhicule ne peut plus circuler.
Toute condamnation pour alcool au volant figure sur votre casier judiciaire et peut avoir des répercussions sur votre emploi, votre assurance auto et votre permis. Il est donc essentiel de vérifier que la procédure a respecté les règles :
Vérification de l’appareil : l’éthylomètre doit être homologué et calibré régulièrement. Votre avocat peut demander les certificats de contrôle.
Mode de prélèvement : un test d’haleine réalisé trop rapidement après la fin de la consommation d’alcool ou après un bain de bouche peut donner un résultat faussé. La prise de sang, plus précise, peut être exigée.
Distinction entre imprégnation et ivresse : si les agents retiennent un état d’ivresse, ils doivent justifier leurs observations. Votre défense peut démontrer l’absence de signes extérieurs malgré un taux faible.
Enfin, la présence d’un avocat spécialisé lors de l’audience est un atout considérable. Il pourra plaider des circonstances atténuantes, comme un taux proche du seuil, une conduite irréprochable jusque‑là, ou des conséquences professionnelles disproportionnées.
Conduire après avoir bu comporte des risques humains, financiers et juridiques. Les sanctions sont sévères et les effets à long terme (hausse de la prime d’assurance, perte d’emploi, etc.) ne doivent pas être sous‑estimés. Maître Mevlut TURK peut analyser votre dossier, vérifier la régularité de la procédure et vous accompagner pour obtenir la sanction la plus clémente possible ou la relaxe lorsque la preuve n’est pas rapportée. La prévention reste toutefois la meilleure protection : si vous comptez prendre le volant, renoncez à la dernière boisson.
Délits non routiers devant le tribunal de police
Classification des infractions routières
Jeunes conducteurs : pièges et sanctions devant le tribunal de police
Accidents avec dommages corporels
Litiges avec les compagnies d’assurance devant le tribunal de police
Refus de test d’alcool ou de drogue en Belgique
Téléphone au volant en Belgique
Défaut d’assurance RC auto devant le tribunal de police
Stationnement interdit : sanctions
Infractions des piétons, cyclistes et trottinettes en Belgique
Compétences du tribunal de police
Procédure devant le tribunal de police
Infractions routières traitées par le tribunal de police
Sanctions imposées par le tribunal de police
Infractions routières en Belgique les réponses du tribunal
Peines encourues devant le tribunal de police
Stratégies juridiques pour faire face aux poursuites routières
Comprendre sa citation au tribunal de police en Belgique
Les compétences du Tribunal de police en Belgique
Réformes du Tribunal de police en Belgique
Maîtriser la procédure d’appel devant le Tribunal de police
Découvrir l’assurance juridique au Tribunal de police
Opposition à un jugement rendu par défaut
Faire appel d'un jugement au tribunal de police
Procédure accélérée devant le tribunal de police
Déchéance du droit de conduire cas obligatoires et facultatifs
Erreurs lors d’une comparution au Tribunal de police
Tribunal de police et compétence territoriale
Délit contraventionnalisé tribunal police
Décimes additionnels amende pénale Belgique
Condamnation effacée casier réhabilitation
Infractions non routières tribunal police
Excès de vitesse sanctions et défense
Condamnation et impact assurance auto
Citation à comparaître que faire
Audience tribunal de police déroulement
Coût procédure frais et assurance
Jeunes conducteurs sanctions aggravées
Maître Mevlut TURK
Maitre Mevlut TURK
Emile Tumelaire 69
6000 - Charleroi
Ouvert du lundi au vendredi de
8h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h30
Samedi de 10h00 à 12h30
Politique de confidentialité - Gèrer vos cookies
Notre site utilise des cookies pour améliorer votre expérience.