Le harcèlement et les menaces sont des infractions insidieuses qui ne s'attaquent pas directement au corps, mais à l'esprit et à la tranquillité de la victime. Dans un monde hyperconnecté, ces comportements trouvent un terreau fertile via les réseaux sociaux, les messageries instantanées et les appels téléphoniques. Souvent minimisées par l'entourage, ou même par l'auteur, comme de "simples paroles" ou des "conflits personnels", ces infractions sont pourtant sévèrement réprimées par le Code pénal belge.
Qu'il s'agisse d'un ex-conjoint qui refuse de cesser le contact, d'un collègue qui crée un environnement de travail hostile, ou d'un inconnu qui profère des menaces, l'impact psychologique peut être dévastateur. La loi protège la paix publique et privée. Le défi majeur dans ces dossiers est celui de la preuve, qui repose presque entièrement sur la capacité de la victime à documenter les faits.
Inversement, une accusation de harcèlement peut survenir dans le cadre de conflits tendus, comme un divorce ou un litige commercial, où les intentions sont difficiles à cerner. L'assistance d'un avocat est donc double. Maître Mevlut Turk accompagne les victimes pour structurer leur plainte et les accusés pour garantir le respect de leur présomption d'innocence et la juste appréciation du contexte par le tribunal.
Le harcèlement, défini à l'article 442bis du Code pénal, n'est pas un acte unique. Il se caractérise par la répétition d'agissements qui ont pour objet ou pour effet de porter gravement atteinte à la tranquillité d'une personne. C'est l'effet produit sur la victime qui est au cœur de l'infraction. La loi ne demande pas que l'auteur ait eu l'intention malveillante de nuire ; il suffit qu'il ait "su ou aurait dû savoir" que son comportement allait perturber gravement la victime.
Cette infraction couvre une large gamme de comportements : appels téléphoniques incessants (même silencieux), messages (SMS, WhatsApp, emails) répétés jour et nuit, surveillance physique (stalking), dénigrement sur les réseaux sociaux, ou encore le fait de se présenter constamment au domicile ou sur le lieu de travail de la victime. Le harcèlement peut être moral, psychologique ou physique.
Le cyberharcèlement est une forme moderne et fréquente de cette infraction. Il s'agit d'utiliser les technologies pour harceler une personne. Cela inclut la diffusion de rumeurs, le "revenge porn" (diffusion d'images intimes sans consentement), l'usurpation d'identité ou la création de faux profils. La loi belge est claire : le moyen utilisé (internet, téléphone) ne change rien à la gravité de l'acte.
Si le harcèlement est une guerre d'usure, la menace est une attaque directe. Définie aux articles 327 et suivants du Code pénal, la menace consiste à intimider quelqu'un en lui faisant craindre un mal futur. Contrairement au harcèlement, un seul acte peut suffire à constituer l'infraction de menace.
La loi distingue plusieurs types de menaces, dont la gravité varie. Il peut s'agir de menaces verbales simples, de menaces écrites ou anonymes (souvent considérées comme plus graves car préméditées), ou de menaces avec ordre ou condition (par exemple, "Si tu ne retires pas ta plainte, je m'en prends à tes enfants"). Les peines sont proportionnelles à la nature de la menace et au moyen utilisé pour la proférer.
Pour que la menace soit punissable, il faut qu'elle ait été de nature à impressionner une personne raisonnable. L'auteur doit avoir eu l'intention d'intimider. Le rôle de l'avocat est d'analyser si les paroles prononcées, souvent dans le feu de l'action ou d'une dispute, avaient réellement ce caractère menaçant ou s'il s'agissait d'une simple explosion de colère sans intention réelle d'intimider.
Pour une victime, le parcours judiciaire est souvent un combat pour se faire entendre. La première étape, et la plus difficile, est de rassembler les preuves. La constitution d'un dossier solide est la clé du succès. Les services de police et le parquet ont besoin de preuves tangibles pour poursuivre.
Il est conseillé de ne jamais supprimer les messages, les emails ou les journaux d'appels. Faites des captures d'écran (screenshots) en veillant à ce que la date et l'heure soient visibles. Si le harcèlement a lieu sur les réseaux sociaux, faites constater les publications par un huissier de justice (ce qui a une force probante supérieure) avant qu'elles ne soient supprimées. Tenez un journal de bord détaillé de tous les incidents.
Avec ces preuves, vous pouvez déposer plainte à la police. Si vous sentez que votre plainte n'est pas prise au sérieux, ou si le harcèlement est intense, un avocat peut agir plus fermement. Il peut adresser un courrier circonstancié au Procureur du Roi pour l'alerter sur la gravité des faits, ou, dans les cas graves, déposer une plainte avec constitution de partie civile directement entre les mains du Juge d'instruction, ce qui oblige le déclenchement d'une enquête approfondie.
Se retrouver de l'autre côté de la barre, accusé de harcèlement, est tout aussi complexe, surtout dans le contexte de relations personnelles tendues (ruptures amoureuses, conflits familiaux, querelles de voisinage). La présomption d'innocence doit être défendue avec acharnement. L'avocat de la défense s'assure que le dossier n'est pas une instrumentalisation du droit pénal pour régler un conflit civil.
La défense s'articulera autour des éléments constitutifs de l'infraction. L'avocat vérifiera si l'élément de "répétition" est rencontré. Quelques messages échangés lors d'une dispute, même virulents, ne constituent pas un harcèlement. De plus, il faut prouver que l'effet sur la victime était une "perturbation grave". L'avocat peut plaider que les contacts, bien que nombreux, s'inscrivaient dans un contexte d'échanges réciproques ou qu'ils ne visaient pas à nuire.
Dans les dossiers de menaces, l'avocat analysera le contexte exact. Les mots ont-ils été sortis de leur contexte ? S'agissait-il de paroles en l'air, sans aucune intention d'intimider ? Maître Mevlut Turk examinera le dossier à décharge, recherchant les éléments qui nuancent l'accusation et permettent au tribunal de comprendre la dynamique relationnelle globale, plutôt que de juger une phrase isolée.
Les sanctions pénales pour le harcèlement (article 442bis) peuvent aller d'une peine d'emprisonnement de quinze jours à deux ans et d'une amende. Les peines pour menaces (articles 327 et suivants) varient fortement : de huit jours de prison pour des menaces verbales simples, jusqu'à deux ans pour des menaces écrites, et cinq ans si la menace était accompagnée d'un ordre (extorsion).
Toutefois, surtout en l'absence d'antécédents judiciaires et lorsque les faits s'inscrivent dans un conflit relationnel, le tribunal privilégie souvent des peines alternatives à la prison ferme. Le sursis probatoire est une mesure très fréquente dans ces dossiers. Le juge condamne l'auteur à une peine de prison avec sursis, ce qui signifie qu'il n'ira pas en prison, mais devra respecter des conditions très strictes pendant 1 à 5 ans.
La condition principale est quasi-systématiquement l'interdiction formelle d'entrer en contact, de quelque manière que ce soit, avec la victime. Le tribunal peut y ajouter l'obligation de suivre un suivi psychologique ou une formation sur la gestion de la colère ou des relations. Si l'auteur respecte ces conditions, il évite la prison. S'il les viole (par exemple, en envoyant un seul nouveau message à la victime), le sursis peut être révoqué et la peine de prison appliquée.
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