Logo
Logo
Accueil Maître TURK, Avocat à Charleroi - Spécialiste en Droit Pénal Escroquerie et abus de confiance : stratégie de défense pénale

Escroquerie et abus de confiance : stratégie de défense pénale

Dans l'univers du droit pénal, toutes les infractions ne sont pas commises avec violence. L'escroquerie et l'abus de confiance font partie de ce qu'on appelle la "délinquance en col blanc" ou le droit pénal financier. Ces infractions ne portent pas atteinte à l'intégrité physique, mais à la confiance et au patrimoine. La victime n'est pas frappée, elle est trompée. Le bien n'est pas volé, il est détourné. Parce qu'elles sapent les fondements des relations commerciales et personnelles, ces infractions sont punies très sévèrement par le Code pénal belge.

Se retrouver impliqué dans un dossier d'escroquerie ou d'abus de confiance est une épreuve complexe. Les dossiers sont souvent techniques, remplis de documents comptables, de contrats et de correspondances. La frontière entre une mauvaise gestion commerciale, un litige civil et une infraction pénale intentionnelle est parfois très mince. C'est précisément sur cette frontière que se joue la défense pénale.

Que vous soyez accusé d'avoir monté une fraude ou d'avoir détourné des fonds, ou que vous soyez victime d'une arnaque sophistiquée, l'intervention d'un avocat est cruciale. Il ne s'agit pas seulement de contester des faits, mais de débattre de l'intention, de l'interprétation d'un contrat ou de la légalité d'une opération financière. Maître Mevlut Turk, avocat à Charleroi, possède l'expertise nécessaire pour analyser ces dossiers financiers complexes et défendre vos intérêts avec précision.

L'escroquerie : des manœuvres frauduleuses pour tromper

L'escroquerie, définie par l'article 496 du Code pénal, est une infraction de ruse. Pour être coupable d'escroquerie, il ne suffit pas de mentir. La loi exige que l'auteur ait utilisé des "manœuvres frauduleuses" pour se faire remettre un bien, de l'argent ou un document. Ces manœuvres sont des actes positifs, une véritable mise en scène destinée à tromper la victime.

Les exemples sont variés : présenter de faux bilans pour obtenir un prêt, utiliser une fausse identité (faux policier, faux banquier) pour soutirer de l'argent, créer un site d'investissement fictif, ou encore monter une arnaque "au président" pour tromper un comptable. Ce qui caractérise l'escroquerie, c'est ce scénario actif. Un simple mensonge sur sa capacité à rembourser un prêt ne constitue pas, en soi, une escroquerie. Il faut une tromperie élaborée.

L'élément central est le lien de causalité : c'est parce que la victime a été trompée par ces manœuvres qu'elle a remis le bien. Le rôle de l'avocat de la défense est de disséquer ce mécanisme. Les manœuvres étaient-elles réelles ? La victime n'a-t-elle pas agi de son plein gré, en connaissance de cause, en prenant un risque commercial ? La nuance est de taille et peut faire la différence entre une condamnation pénale et un simple litige civil.

L'abus de confiance : détourner ce qui vous a été confié

L'abus de confiance, prévu à l'article 491 du Code pénal, est fondamentalement différent. Ici, il n'y a pas de tromperie au départ. La victime a remis volontairement et en toute confiance le bien à l'auteur, dans le cadre d'un contrat précis (contrat de travail, mandat, dépôt, location...). L'infraction se produit *après* cette remise, lorsque l'auteur détourne le bien de sa finalité convenue.

Le détournement signifie que l'auteur se comporte comme le propriétaire du bien, au mépris des droits de la victime. Exemples classiques : un employé qui détourne des fonds de la caisse, un tuteur qui utilise l'argent de la personne protégée à des fins personnelles, un garagiste qui vend un véhicule confié pour une simple réparation, ou un gestionnaire qui utilise l'argent d'un client pour ses propres investissements.

L'abus de confiance repose sur la violation d'un accord préalable. La défense s'attachera donc à analyser en détail la nature de ce contrat. L'auteur avait-il réellement l'interdiction d'utiliser ces fonds ? L'utilisation faite était-elle vraiment un "détournement" ou une simple gestion imprudente, mais conforme à l'esprit du mandat ? C'est une infraction qui touche au cœur des relations d'affaires et de confiance.

Les peines encourues pour ces infractions financières

Le Code pénal punit l'escroquerie et l'abus de confiance de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans, ainsi que de lourdes amendes. Ces peines peuvent être aggravées si l'infraction est commise par une personne dépositaire de l'autorité publique (un fonctionnaire, un notaire) ou à l'encontre d'une personne en situation de vulnérabilité (personne âgée, handicapée...).

Mais au-delà de la prison, les peines accessoires sont souvent les plus redoutables dans ce type de dossier. Le tribunal peut, et le Parquet le demandera presque toujours, ordonner la confiscation spéciale. Cela signifie la saisie de tous les avoirs et biens considérés comme le produit de l'infraction (argent, voitures, immeubles...). C'est une véritable "mort financière" pour l'auteur.

De plus, le juge peut prononcer des interdictions professionnelles : l'interdiction de gérer une société, d'exercer une profession commerciale, ou d'être administrateur d'une entreprise. Ces interdictions peuvent durer plusieurs années et empêchent de fait la personne condamnée de reprendre ses activités. La défense doit se battre sur tous les fronts, non seulement contre la peine de prison, mais aussi contre ces sanctions complémentaires dévastatrices.

Stratégie de défense pour une accusation d'escroquerie

Si vous êtes accusé d'escroquerie, la défense s'articulera autour des éléments constitutifs de l'infraction. Le premier axe est de contester l'existence même des "manœuvres frauduleuses". Un simple mensonge, une exagération commerciale ou une publicité optimiste ne suffit pas à constituer cette manœuvre. L'avocat plaidera qu'il s'agissait d'un différend commercial, d'un risque d'affaires qui a mal tourné, mais pas d'un plan criminel.

Escroquerie et abus de confiance : stratégie de défense pénale

Le second axe est l'intention frauduleuse (le "dol spécial"). Pour être coupable, l'auteur devait avoir l'intention de tromper *au moment où il a reçu les fonds*. S'il était de bonne foi au départ et qu'il n'a pas pu honorer ses engagements par la suite (à cause d'une faillite, d'une mauvaise conjoncture), il ne s'agit pas d'une escroquerie, mais d'une simple dette civile. L'avocat doit démontrer que le projet était viable et que l'intention criminelle n'est pas prouvée.

Souvent, la partie civile tente de "pénaliser" un dossier civil pour faire pression et obtenir un remboursement plus rapide. Maître Mevlut Turk examinera les pièces du dossier pour déceler cette stratégie et demander au tribunal de juger l'affaire sur son véritable terrain : celui du droit commercial ou civil, et non du droit pénal.

Bâtir la défense pour un abus de confiance

Dans un dossier d'abus de confiance, la défense est très technique et repose sur l'analyse du contrat initial. L'avocat de la défense va décortiquer le contrat de travail, de mandat ou de dépôt. Quelles étaient les limites exactes de la mission de l'accusé ? Avait-il l'interdiction formelle d'utiliser les fonds d'une certaine manière ? L'ambiguïté du contrat doit profiter à l'accusé.

Ensuite, il faut contester le "détournement". L'accusé a-t-il utilisé l'argent à des fins *personnelles* ou pour d'autres fins *dans l'intérêt de l'entreprise* (même si c'était une mauvaise décision de gestion) ? Une gestion imprudente ou même fautive n'est pas un détournement pénal. De même, si l'accusé a simplement "emprunté" temporairement l'argent avec la ferme intention de le rembourser, la défense peut plaider l'absence d'intention frauduleuse de s'approprier le bien.

Le tribunal doit être convaincu que l'accusé avait l'intention de priver définitivement le propriétaire de son bien. Si cette intention n'est pas prouvée, ou s'il s'agit d'un simple litige sur l'exécution d'un contrat, l'acquittement doit être plaidé. Il faut éviter la confusion entre une faute de gestion et une infraction pénale intentionnelle.

  • Quelle est la différence principale entre l'escroquerie et l'abus de confiance ? Info
    Dans l'escroquerie, la victime vous remet le bien parce que vous l'avez trompée (par ruse, mensonge, faux documents). Dans l'abus de confiance, la victime vous remet le bien volontairement et en toute confiance (ex: un contrat), et c'est *ensuite* que vous détournez ce bien.
  • Un simple mensonge est-il suffisant pour une escroquerie ? Info
    Non. Le droit pénal belge exige des "manœuvres frauduleuses", c'est-à-dire une mise en scène, l'usage de faux documents, l'intervention d'un tiers complice ou une fausse qualité. Un simple mensonge, même écrit, pour obtenir un prêt ne suffit généralement pas.
  • Je n'ai pas remboursé une dette, est-ce un abus de confiance ? Info
    Non. Ne pas pouvoir rembourser une dette (un prêt d'argent) est un problème de droit civil. L'abus de confiance, c'est détourner un bien *spécifique* (une somme d'argent, un objet) qui vous a été confié pour un usage *précis* et que vous n'avez pas respecté.
  • Qu'est-ce que l'abus de biens sociaux (ABS) ? Info
    L'ABS est une infraction très proche, mais spécifique au droit des sociétés. C'est un dirigeant d'entreprise qui utilise les biens ou l'argent de la société à des fins personnelles, en sachant que c'est contraire à l'intérêt de la société. L'abus de confiance est plus large et peut concerner n'importe qui (un employé, un tuteur...).


Informations complémentaires :

Défense pour trafic ou détention de stupéfiants

Avocat pour coups et blessures volontaires à Charleroi

Défense pour vol, recel ou extorsion

Accusé de violences conjugales : procédure et défense

Harcèlement ou menaces : que faire et comment se défendre

Défense des mineurs devant la justice à Charleroi

Défense pénale et infractions liées aux nouvelles technologies

Convoqué par la police ? Vos droits lors d'une audition (Loi Salduz)

Garde à vue en Belgique : durée, droits et rôle de l'avocat

Qu'est-ce qu'un mandat d'arrêt et comment le contester

Détention préventive : conditions, durée et demande de libération

Comment se déroule une comparution en Chambre du Conseil

Comment obtenir un bracelet électronique (surveillance électronique)

Peine de travail et sursis probatoire : les alternatives à la prison

Le Tribunal d'Application des Peines (TAP) rôle et procédures

Comment effacer son casier judiciaire (Réhabilitation)

Guide : Comment se constituer partie civile pour être indemnisé

Comment faire évaluer et chiffrer son préjudice

Auteur insolvable ? Le Fonds d'aide aux victimes expliqué

INFORMATION Maître Mevlut TURK

Maître Mevlut TURK

CONTACT

Maitre Mevlut TURK
Emile Tumelaire 69
6000 - Charleroi


0479 33 43 03 - 071 18 23 99

m.turk@avocat.be

HORAIRES

Ouvert du lundi au vendredi de
8h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h30

Samedi de 10h00 à 12h30


Politique de confidentialité - Gèrer vos cookies


Réalisé par Actorielweb

Notre site utilise des cookies pour améliorer votre expérience.


-