Lorsqu'on est victime d'une infraction pénale, la première préoccupation est de se remettre du choc et, souvent, des blessures. Mais rapidement, une question se pose : comment être indemnisé pour ce que l'on a subi ? En droit belge, le principe est celui de la "réparation intégrale". Cela signifie que l'auteur de l'infraction (ou à défaut, un fonds d'indemnisation) doit vous replacer, autant que possible, dans la situation où vous étiez avant les faits. Mais pour être indemnisé, il faut le demander. Et un tribunal n'accorde que ce qui est prouvé et chiffré.
Il ne suffit pas de dire "j'ai souffert" ou "cela m'a coûté cher". L'indemnisation est un exercice juridique et comptable d'une grande technicité. Le moindre oubli est définitif : un poste de préjudice qui n'est pas réclamé lors du procès est un poste qui ne sera jamais indemnisé. La victime se retrouve alors seule avec ses frais futurs ou ses séquelles non reconnues. C'est un second traumatisme que la justice tente d'éviter.
C'est pourquoi l'assistance d'un avocat est fondamentale. Il ne s'agit pas seulement de plaider, mais avant tout de "construire" le dossier d'indemnisation. Maître Mevlut Turk, avocat à Charleroi, accompagne les parties civiles dans ce processus méticuleux, en s'assurant qu'aucun dommage, du plus évident au plus caché, n'est laissé de côté. L'objectif est de traduire en chiffres une souffrance, une perte ou une incapacité, afin que le juge puisse statuer en toute connaissance de cause.
Pour chiffrer un dommage, il faut d'abord le nommer et le classer. Le droit belge opère une distinction majeure entre deux grandes catégories de préjudices, qui seront toutes deux évaluées. Il y a d'une part les dommages patrimoniaux (ou matériels) et d'autre part les dommages extra-patrimoniaux (ou moraux, au sens large).
Les dommages patrimoniaux représentent l'atteinte à votre "portefeuille". Ils sont financièrement mesurables. Ils se subdivisent eux-mêmes en deux sous-catégories : le "damnum emergens" (la perte subie, les frais directs comme une facture de réparation, des frais médicaux) et le "lucrum cessans" (le gain manqué, c'est-à-dire la perte de revenus liée à une incapacité de travail). Ces dommages sont évalués sur la base de preuves concrètes (factures, fiches de paie).
Les dommages extra-patrimoniaux sont l'atteinte à votre personne, à votre intégrité physique ou psychologique. Ils n'ont pas de "prix" de marché. C'est là que l'évaluation est la plus délicate : il s'agit de chiffrer la douleur physique ("quantum doloris"), le préjudice esthétique (une cicatrice), le préjudice d'agrément (ne plus pouvoir pratiquer son sport favori) ou simplement le choc psychologique (le préjudice moral). L'évaluation de ces postes se fait souvent "ex aequo et bono" (en équité), sur la base de barèmes indicatifs.
C'est le poste de préjudice le plus direct, mais il demande une discipline rigoureuse de la part de la victime. L'avocat vous le dira : conservez absolument tout. Chaque facture, chaque devis, chaque souche de pharmacie, chaque ticket de parking pour vous rendre à l'hôpital. Le juge ne pourra pas inventer un montant ; il se basera sur les pièces que vous lui fournissez.
Le "damnum emergens" (frais directs) inclut :
Le "lucrum cessans" (perte de revenus) est plus complexe. Si vous êtes en incapacité de travail, votre mutuelle vous verse des indemnités, mais celles-ci sont presque toujours inférieures à votre salaire net. Votre avocat calculera ce "delta" (la différence entre ce que vous auriez dû gagner et ce que vous avez réellement touché) que l'auteur de l'infraction doit combler, jour après jour, jusqu'à votre reprise du travail.
Comment mettre un prix sur l'angoisse d'une victime de home-jacking, sur le traumatisme d'une agression ou sur la douleur de perdre un proche ? C'est le défi du préjudice moral. Il n'y a pas de "facture" pour la peur. Le tribunal se base sur la jurisprudence (les décisions rendues dans des cas similaires) et sur la plaidoirie de l'avocat pour fixer un montant forfaitaire en équité.
L'avocat doit "humaniser" ce préjudice. Il ne s'agit pas seulement de réclamer une somme, mais d'expliquer au juge l'impact réel des faits sur la vie de la victime. Le choc post-traumatique, les troubles du sommeil, l'anxiété, la perte de joie de vivre... tous ces éléments doivent être décrits et, si possible, appuyés par des rapports (médecin traitant, psychologue) pour justifier la demande.
Le préjudice moral inclut aussi des postes plus spécifiques. Le "préjudice d'agrément" vise à indemniser la perte de la capacité à pratiquer des activités de loisirs (sport, musique, jardinage...). Le "préjudice d'affection" est la douleur ressentie par les proches de la victime (par exemple, les parents d'un enfant gravement blessé). Maître Mevlut Turk s'assure de l'identification de tous ces postes souvent oubliés.
Lorsque la victime a subi des blessures physiques, l'évaluation devient médicale et technique. Ni vous, ni votre avocat, ni le juge n'êtes médecins. Il est impossible de chiffrer le dommage sans un avis technique. C'est pourquoi, dans la quasi-totalité des dossiers de coups et blessures ou d'accidents graves, l'avocat de la partie civile demandera au tribunal de désigner un médecin-expert judiciaire.
Cet expert est un médecin neutre, mandaté par la justice. Sa mission n'est pas de vous soigner, mais de vous examiner et de rédiger un rapport qui servira de base à l'indemnisation. Il va déterminer des postes clés :
Cette expertise est une étape longue (elle ne peut se terminer qu'à la consolidation) mais absolument fondamentale. Le rapport de l'expert est la pierre angulaire du calcul de l'indemnisation corporelle. L'avocat peut (et doit) assister la victime lors des rendez-vous d'expertise pour s'assurer que rien n'est oublié.
Une fois le rapport de l'expert déposé, comment traduire "Quantum Doloris 4/7" ou "Invalidité 5%" en euros ? Pour éviter des décisions trop disparates, les magistrats et avocats belges ont créé un outil de référence : le Tableau Indicatif. Ce n'est pas une loi, mais c'est un guide utilisé par presque tous les tribunaux du pays pour harmoniser l'indemnisation des préjudices corporels.
Ce tableau donne des fourchettes de prix. Par exemple, il propose un montant par jour d'incapacité de travail, un montant pour chaque point sur l'échelle de douleur, ou un montant par point d'invalidité (ce montant variant selon l'âge de la victime). C'est un outil de calcul très technique que seuls les avocats spécialisés et les magistrats maîtrisent pleinement.
Le travail de l'avocat de la victime est alors de "liquider" le préjudice : il prend le rapport de l'expert, le Tableau Indicatif, et il rédige des conclusions détaillées qui chiffrent, poste par poste, la demande finale. Par exemple : 3.000€ pour le "quantum doloris" (4/7), 1.500€ pour le préjudice esthétique (2/7), 6.000€ pour l'invalidité (5% x 1.200€/point), etc. C'est ce chiffrage précis qui sera soumis au juge.
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